Le mois d’Avril nous invite à une réflexion profonde sur le passage de la résignation à la vie. À travers trois récits de foi, nous découvrons que rien n’est jamais figé, ni pour l’âme blessée, ni pour le disciple égaré, ni pour l’homme d’État accablé.
L’Inespéré de la Grâce
Un pasteur rendait visite à une femme en prison. Cette dernière l’a insulté quand il a parlé du jugement de Dieu et de l’enfer. Le pasteur, lui, pleurait sur le sort de cette femme: «Et pourtant, la miséricorde s’étend aussi jusqu’à vous, qui riez de celui qui désire vous faire du bien. Christ peut vous pardonner et j’espère qu’il vous accordera la grâce d’être avec lui dans le paradis.»
La femme, émue, lui répond: «On m’a toujours dit que je serais damnée… Comme il n’y avait pas d’espoir, je me suis précipitée d’un péché dans l’autre. Mais s’il existe un espoir de grâce pour moi, si je peux obtenir le pardon, je le veux». Elle a cru au Christ et a été sauvée. Comme le brigand.
L’histoire de cette femme en prison nous rappelle que le désespoir est souvent le moteur du pire. Persuadée d’être condamnée d’avance, elle s’était abandonnée au péché. Pourtant, il a suffi d’une étincelle — l’annonce d’une miséricorde possible — pour que son cœur change. La grâce de Dieu n’est pas un jugement, mais une main tendue qui manifeste sa grandeur précisément là où l’homme se sent le plus pauvre.
Pâques : Au-delà du Tombeau
Le récit de la Résurrection illustre ce même basculement. Les disciples, après le triomphe des Rameaux, ont vécu l’effondrement de leurs illusions terrestres. Meurtris par la mort de leur Maître Jésus-Christ, ils cherchaient un corps à embaumer. Mais la question de l’ange résonne encore aujourd’hui : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? » Pâques nous appelle à abandonner nos « mornes piétés » et nos aromates de deuil. Christ n’est pas un souvenir à conserver, mais une force active. Sa victoire sur le sépulcre nous invite à transformer nos déceptions en une mission nouvelle : devenir des témoins vivants de son triomphe.
La Discipline du Cœur
On ne peut s’empêcher d’admirer l’œuvre immense d’Abraham Lincoln, président des Etats-Unis, mais aussi son humilité, sa profonde sincérité, sa grande bonté, tous fruits de la grâce de Dieu en lui.
Le secret de sa force, le ressort de sa vie, se trouvait dans ses convictions religieuses inébranlables et dans son ferme attachement à la BIBLE, son livre de chevet.
Son travail l’absorbait du matin au soir, mais il ne permit jamais aux affaires même les plus urgentes de lui ravir les premiers instants de la journée qu’il consacrait à Dieu et à la lecture de la Bible.
Un visiteur, convoqué pour cinq heures du matin était arrivé quelques minutes plus tôt et attendait dans l’antichambre. Entendant parler dans la pièce voisine, il demanda au domestique si le président recevait des visiteurs avant cinq heures. «Non, Monsieur le Président est seul, mais il lit sa Bible.
— Le fait-il chaque matin ?
— Oui, tous les matins. M. Lincoln lit la Bible et prie à haute voix de quatre à cinq heures».
L’exemple d’Abraham Lincoln nous offre une clé pratique pour maintenir cette flamme. Malgré l’immensité de sa tâche, le président puisait sa force et son humilité dans un rendez-vous matinal inviolable avec la Bible et la prière. Sa droiture n’était pas un trait de caractère inné, mais le fruit d’une vie enracinée dans la Parole de Dieu.
En ce mois de renouveau, saurons-nous, nous aussi, délaisser nos certitudes de mort pour embrasser la vie que la Grâce nous offre ?
« Le tombeau est vide ; notre Maître est à l’œuvre. Laissons là nos peines et consacrons-nous de nouveau à son service. »
