Catégories
Editorial

La puissance de Rome face à la puissance de Dieu !

Le Nouveau Testament est né dans un contexte précis, celui de l’Empire Romain. Sauf exceptions l’Empire Romain n’exerce pas directement le pouvoir dans les pays conquis. Il domine au travers des rois ou des gouvernements locaux, qui le plus souvent restent en place, moyennant le paiement d’un tribut et/ou d’impôts, et la fourniture de troupes à la demande. Il n’y a donc aucune uniformité dans les pays conquis, ni d’ailleurs aucune volonté d’uniformisation. D’où une certaine complexité, un pouvoir à l’échelon local trés important, et des situations trés différentes selon l’endroit de l’empire que vous considérez.

C’est Pompée, le rival malheureux de César, qui conquiert en 63 av.J-C. la Syrie et fait passer le pays d’Israël sous l’autorité Romaine. Il met en place une dynastie de rois-clients par exemple les Hérode. C’est sous le règne d’Hérode le Grand, qui gouverne au nom de l’empereur Auguste (-30 à +14) que nait Jésus-Christ. A la mort d’Hérode, le royaume d’Israël est partagé entre ses fils. Celui qui a en charge la Judée (Région de Jérusalem) s’acquitte si mal de sa tâche, que les autorités romaines le destituent et font passer la province en administration romaine directe. Par contre la Galilée reste gouvernée par un autre fils d’Hérode.

C’est sous Tibère (14-37 ap. J-C.), successeur d’Auguste, que se situe la démarche de Christ de se laisser crucifier sur le mont Golgotha situé à l’extérieur de la ville de Jérusalem, pour le salut et le pardon des péchés de ceux et de celles qui croiront en lui. Le gouverneur romain de Judée est le fameux Ponce Pilate. C’est sous le règne de Claude (41-54 ap.J-C.) que l’apôtre Paul entreprend ses voyages missionnaires. Enfin, le tristement célèbre Néron (54-68 ap.J-C.) arrive au pouvoir. Il accusera les chrétiens d’etre à l’origine de l’incendie de Rome de 64 ap.J-C. La repression qui suivra marque le début des persécutions. Si sombre que soit cet évènement, le simple fait que les chrétiens puissent servir de bouc émissaires crédibles montre bien leur forte implantation dans la capitale romaine. C’est à cette persécution que la tradition attribue la mort de l’apôtre Paul comme décapité et l’apôtre Pierre, cloué sur une croix la tête en bas.

La mort de Néron précipite l’empire dans la guerre civile jusqu’à la prise de pouvoir de Vespasien (69-79 ap.J-C.). Général chargé de réprimer une révolte juive, il confie l’achèvement de cette tâche à son fils Titus, qui lui succèdera à la tête de l’empire. La destruction de Jérusalem et du temple en 70 ap.J-C. marque un tournant dans l’histoire Juive. Il faudra attendre l’arrivée au pouvoir du deuxième fils de Vespasien, Domitien pour que l’égise chrétienne connaisse les premières vraies persécutions (81 ap.J-C.).

L’Empire Romain est en quelque sorte le berceau qui a acceuilli le christianisme nouveau-né. Cette structure politique unique, la facilité des communications, la culture et la langue grecque qui y prédominent, sont autant de facteurs qui ont favorisé le développement rapide de la foi chrétienne. Le fait que le christianisme naissant ait été perçu par les Romains comme n’étant que l’une des multiples branches Juives a aussi joué un rôle protecteur, au moins jusqu’en 70 ap.J-C.

Ce n’est que plus tard que s’engagera un combat à mort entre l’empire et la foi chrétienne. Longuement et lourdement persécutée, elle finira cependant par triompher sous Constantin (306-337 ap.J-C.).